L’Afrique se trouve à la croisée des contradictions principales qui façonnent le commerce international. Longtemps promue comme une étape primordiale et incontournable de son développement, l’intégration au marché mondial a, en réalité, placé les États africains dans une position de réceptacles plutôt que d’architectes des accords commerciaux. Il en résulte un enchevêtrement complexe de traités où se côtoient les vestiges des relations coloniales, les nouveaux cadres régionaux, comme la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et une panoplie d'accords agressifs conclus avec des puissances impérialistes, anciennes et émergentes. Ces dynamiques ravivent des critiques historiques portant sur l'extraction des ressources, le démantèlement des industries locales, l’atteinte à la souveraineté alimentaire, ainsi que les dégâts que cela engendre sur les droits les plus fondamentaux et suscitant des résistances sociales croissantes à l'échelle locale et transnationale.
Dans les années 1990, l’Union européenne (UE) a signé des accords d’association avec l’ensemble des pays d’Afrique du Nord, à l'exception de la Libye. En 2010, un 'accord spécifique à l’agriculture et la pêche a été signé entre l’UE et le Maroc. Sa mise en œuvre demeure disputée du fait de l’inclusion i du territoire contesté du Sahara occidental. Des mouvements locaux et des organisations de la société civile ont critiqué l’accord pour sa complicité dans l’exploitation de la région et son déni des droits du peuple sahraoui, pour le bénéfice de multinationales et du roi du Maroc. En 2016, l’UE a initié le projet d'accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) avec la Tunisie, qui devait accroître la libéralisation à travers la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires dans la plupart des secteurs. Mais l’ALECA a été repoussé en raison de l'opposition sociale et politique en Tunisie.
En 2000, l’UE et le groupe des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, également connu sous le nom de groupe ACP, ont convenu de négocier un ensemble distinct d’accords de partenariat économique (APE). En Afrique, les APE ont été adaptés à cinq blocs régionaux (CEDEAO pour l’Afrique de l’Ouest, CAE pour Afrique de l’Est, AfOA pour l’Afrique orientale et australe, CEMAC pour l’Afrique centrale, SADC pour l’Afrique australe). Les APE constituent le cadre le plus emblématique des luttes historiques contre le libre-échange sur le continent. Ils ont été massivement combattus par des coalitions d’organisations paysannes, syndicales et altermondialistes qui ont dénoncé leur caractère néocolonial ainsi que les effets nuisibles du démantèlement des protections tarifaires et de l’ouverture des marchés africains qu’ils imposeraient, menaçant la survie des agricultures familiales et des industries naissantes. Alors que la SADC et l’AfOA ont mis en œuvre l’APE, la et CAE, la CEDEAO, et la CEMAC ont refusé de les ratifier,ce qui a contraint l’UE à pousser certains pays à les appliquer provisoirement. Ainsi le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Cameroun et le Kenya ont mis en œuvre des APE intérimaires fragmentant les ensembles régionaux et brisant la cohérence des politiques économiques africaines. Leur mise en œuvre reste partielle et contestée.
Les relations commerciales entre l'Afrique et les États-Unis cristallisent également le même type de tensions. L'African Growth and Opportunity Act (AGOA), instauré en 2000, et présenté comme un dispositif préférentiel censé stimuler le développement, est dénoncé avoir favoriser l'exportation de matières premières et extractifs (pétrole, mines, textiles) plutôt que le développement d'industries locales transformatrices. En pratique, l'AGOA a renforcé une spécialisation économique dépendant de l'exportation vers le marché états-unien. Les organisations syndicales africaines ont régulièrement dénoncé les clauses d'ajustement structurel déguisées qui accompagnent ce régime, contraignant les États bénéficiaires à ouvrir leurs marchés sans réciprocité réelle. L’AGOA devait expirer en septembre 2025, en plein milieu de la guerre tarifaire déclenchée par l'administration Trump. Les menaces de sa non-reconduction ont été utilisées comme moyen de pression diplomatique par les Etats-Unis qui ont finalement accepté de le renouveler jusqu’en décembre 2026.
De nouvelles puissances imposent aussi leurs cadres commerciaux avec le continent. La Chine, premier partenaire commercial de l’Afrique, a développé un réseau dense d’accords bilatéraux souvent critiqués pour leur opacité, leur caractère extractiviste et l’endettement qu’ils génèrent. Si seul Maurice a mis en œuvre un accord de libre-échange complet avec la Chine en 2021, de nombreux pays africains ont signé des traités d'investissement dans les années 1990 et 2000. Plus récemment, la Chine négocie des partenariats commerciaux plus limités. Elle a signé des accords avec l’Afrique du Sud, le Kenya et la République du Congo, et a supprimé les droits de douane pour 53 pays africains. De son côté, la Russie, via l’Union économique eurasiatique (UEEA), a cherché à étendre son influence sur le continent. Depuis 2023, l’UEEA négocie des accords de libre-échange avec les pays d'Afrique du Nord, notamment l'Égypte, l'Algérie, le Maroc et la Tunisie. De même, la Turquie a signé des accords de libre-échange avec le Maroc, la Tunisie, l'Égypte et Maurice, et négocie avec plusieurs autres pays africains. Les pays du Golfe, et en particulier les Émirats arabes unis (EAU), ont accéléré leurs relations commerciales à travers des accords de partenariat économique global (connus sous l’acronyme anglais CEPA). Les EAU ont ainsi multiplié les accords avec l'Égypte (2023), le Kenya et Maurice (2024), le Nigéria, l'Angola, le Tchad (2025), la République Démocratique du Congo, le Gabon et le Ghana (2026). Ils sont en négociations avec plusieurs autres pays africains, dont l'Éthiopie et l'Afrique du Sud. Ces accords, présentés comme des instruments de coopération et d'investissement, sont critiqués pour renforcer l'emprise étrangère sur des secteurs clés comme les mines, l'agriculture, les infrastructures et les services financiers et le secteur de la santé.
Enfin, sur l'ensemble du continent africain, l'Union africaine (UA) pousse la mise en œuvre complète de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Entrée en vigueur en 2021, elle a été signée par 54 des 55 États membres de l'Union africaine et ratifiée par plus de 40 d'entre eux. Son application demeure cependant limitée à des échanges partiels entre seulement dix pays. Présentée par ses promoteurs comme un outil d'intégration panafricaine et de développement endogène, elle est néanmoins scrutée avec méfiance par les mouvements sociaux. Ces derniers redoutent qu'elle serve de cheval de Troie pour accélérer l'ouverture forcée des marchés nationaux, sans pour autant s'attaquer aux asymétries structurelles qui profitent aux élites africaines et au capital transnational, au détriment des droits des travailleuses et travailleurs, ainsi que des normes environnementales. Ce schéma rappelle les accords de libre-échange néolibéraux dénoncés par le passé.
La confirmation de la Cour française intervient une semaine après que des représentants du secteur agricole espagnol ont appelé l'UE à mettre fin aux importations de tomates en provenance du Sahara Occidental.
3-Fév-2025 Association France Palestine Solidarité
Les 24 et 25 janvier, des manifestations étaient organisées partout en France et en Europe, pour exiger la suspension de l’accord d’association Union européenne-Israël.
Le président algérien a donné des précisions importantes sur ce qui est recherché par l'Algérie dans sa volonté de réviser l'accord d'association qui lie l'Algérie à l'UE.
Plus de 250 parlementaires de 17 pays de l’UE ont appelé à la suspension de l’accord d’association de l’UE avec Israël, citant les violations par Israël de l’article 2, appelé « clause des droits humains » du traité.
Nous, organisations syndicales européennes soussignées, demandons à la Commission européenne d'examiner le respect par le gouvernement israélien de l'article 2 de l'Accord d'association UE-Israël.
La signature d’accords de libre-échange qui incluent les provinces du sud du Maroc renforce indirectement la reconnaissance de leur marocanité par les pays partenaires.
Le président algérien a présidé une réunion stratégique dédiée à l'examen de l'état d'avancement des préparatifs en vue de renégocier cet accord, en vigueur depuis 2005.
La République démocratique du Congo veut intensifier ses efforts pour diversifier ses partenaires commerciaux et renforcer son intégration dans les marchés internationaux.