Depuis le début des années 2000, le régime du libre-échange et de l'investissement a connu une évolution notable sous l'effet des accords bilatéraux et régionaux. Alors que les premiers modèles d'intégration régionale ont été établis par des accords de libre-échange (ALE) fondateurs, comme les accords Chine-ASEAN (2002), SAFTA (entre les Etats sud-asiatiques, 2004), Corée-États-Unis (2007), Japon-ASEAN (2008), Inde-ASEAN (2009) et ASEAN-Australie-Nouvelle-Zélande (2010), les récentes évolutions ont considérablement élargi la portée et l'impact de ces cadres.
Le Partenariat économique régional global (RCEP, selon le sigle anglais) et l'Accord global et progressif de partenariat transpacifique (CPTPP, selon le sigle anglais), entrés en vigueur respectivement en 2022 et 2018, ont créé les deux plus grands blocs commerciaux du monde, représentant environ 30 % et 15 % du PIB mondial. Ces accords ont, non seulement réduit les droits de douane et simplifié les procédures, mais ils ont également établi des dispositions avancées en matière de commerce numérique, de protection de la propriété intellectuelle et de facilitation des investissements. Cependant, cette expansion a suscité de vives inquiétudes au sein des organisations de la société civile au sujet des déficits démocratiques, de la transparence, de l'érosion de la souveraineté et de la priorisation des intérêts des entreprises par rapport à l'intérêt public. Les organisations de la société civile de toute la région ont constamment critiqué ces accords pour leurs impacts potentiellement négatifs sur les pays en développement. Des experts ont exprimé des inquiétudes quant aux implications du RCEP sur la sécurité alimentaire, l'accès aux médicaments, le droit du travail et la protection de l'environnement.
La Chine a multiplié, ces dernières années, les accords bilatéraux de commerce et d'investissement. Elle est membre du RCEP et a signé une vingtaine d'ALE, une douzaine d'autres étant en cours de négociation. Elle est également partie à plus d'une centaine de traités bilatéraux d'investissement. Tous ces accords sont un élément clé des « nouvelles routes de la soie », un projet d'infrastructure d'envergure mondiale couvrant les transports, l'économie numérique, l'énergie et l'agriculture.
Le Bangladesh est devenu un nouvel acteur et cherche à signer des accords commerciaux en prévision de sa sortie du statut de pays le moins avancé. Cette démarche a été critiquée par les groupes de la société civile, qui s'inquiètent des implications à long terme pour la vie et les moyens de subsistance de la population bangladaise. Le Bangladesh négocie actuellement des accords avec une douzaine de pays, dont des États de l'ASEAN comme la Thaïlande, la Malaisie et l'Indonésie, l'Union européenne (UE) et les Émirats arabes unis. Le pays vise également à adhérer au RCEP. En 2026, il a signé des accords avec le Japon et les États-Unis.
L'UE a intensifié ses ALE en Asie, notamment avec le Vietnam, le Japon, Singapour et l'Indonésie (dont la mise en œuvre est prévue pour 2027). Des négociations sont également en cours avec la Malaisie, les Philippines et la Thaïlande, axées sur le commerce numérique, les technologies vertes et le développement durable. En Asie du Sud, l'UE et l'Inde ont conclu, en janvier 2026, des négociations sur un accord visant à éliminer plus de 90 % des droits de douane sur les marchandises et couvrant 96 à 99 % du commerce bilatéral. Pour l'Inde, il s'agit également d'une étape dans sa stratégie de redéfinition de la carte du commerce mondial, avec neuf accords commerciaux signés depuis la crise du Covid. Avec le Sri Lanka, l'UE continue de commercer dans le cadre du système de préférences généralisées, qui offre un accès préférentiel au marché européen, à condition de respecter des normes en matière de droits de humains et d'environnement. Outre l'UE, l'Inde, l'Indonésie, la Malaisie et Singapour ont signé un accord avec l'Association européenne de libre-échange (AELE), qui comprend l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. L’AELE négocie, par ailleurs, avec le Vietnam et a paraphé un accord avec la Thaïlande en 2025.
Dans la région asiatique, le Canada étend également activement son hégémonie commerciale par le biais d'accords majeurs et de négociations en cours. L'accord Canada-Indonésie doit ainsi entrer en vigueur en 2026, tandis que les négociations pour l'ALE ASEAN-Canada sont en cours depuis 2021 et visent les dix États membres de l'ASEAN. De plus, le Canada négocie avec les Philippines, et devrait reprendre les discussions avec l’Inde en 2026.
La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, dans le cadre de la présidence de Donald Trump, a marqué un tournant vers des politiques économiques plus agressives. L'administration américaine a imposé des droits de douane, justifiés par des motifs de sécurité nationale et de pratiques commerciales déloyales, afin de faire pression sur les pays de la région. Les États-Unis ont utilisé le commerce, telle une puissance néocoloniale classique, menaçant d'appliquer des droits de douane pour obtenir des concessions unilatérales et remodeler les cadres réglementaires nationaux en faveur des intérêts et des multinationales états-uniennes. L'Indonésie, la Malaisie, le Bangladesh, Taïwan et le Cambodge ont subi des pressions pour accorder un accès au marché et signer des « accords de commerce réciproque », ce qui a provoqué des réactions hostiles au sein de ces pays quant à leur souveraineté.
Dans le Pacifique, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont été les pays les plus actifs dans la signature d'accords commerciaux. Les deux pays sont membres du CPTPP et du RCEP, et ont des ALE avec la Chine, l'UE et l'Inde. Elles ont également poussé à la conclusion de l'accord PACER Plus (Accord sur des relations économiques plus étroites Plus) avec les pays insulaires du Pacifique. Cependant, cet accord a été critiqué par des groupes de la société civile et certains gouvernements, qui estiment qu'il favorise les deux pays. La Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Fidji ont donc refusé d'y adhérer. Les pays insulaires du Pacifique ont également négocié un accord de partenariat économique avec l'UE, mais seuls les Fidji, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Samoa et les Îles Salomon l'ont mis en œuvre.
Dans toute la région, divers mouvements sociaux ont développé des stratégies sophistiquées pour contester les accords de libre-échange et d'investissement. Ces mouvements comprennent des organisations paysannes, écologistes, des syndicats, des groupes autochtones et des organisations féministes, qui ont formé des coalitions régionales afin de partager des informations, de coordonner leurs actions et d'amplifier leur voix.
L’Inde et l’Union européenne négocient un accord de libre-échange. Initié en 2007, cet accord promet d’intensifier les échanges commerciaux et d’assurer une percée en Asie des entreprises européennes.
Le gouvernement cambodgien promeut pour l'établissement d'un plus grand nombre d'accords de libre-échange bilatéraux avec les principaux partenaires commerciaux afin d'élargir les marchés d'exportation de ses produits.
Bruxelles et Djakarta veulent conclure un accord de libre-échange en 2023. Les discussions vont s'accélérer. Mais de nombreux sujets de friction entre les deux blocs compliquent la tâche des négociateurs.
Le ministre thaïlandais du commerce va se rendre à Bruxelles pour une visite de deux jours pour accélérer les discussions sur un ALE avec l’UE, qui reste encore un objectif à long terme.
L'Équateur et la Chine ont signé un accord de libre-échange. Depuis 2006, il s’agit du quatrième accord de ce type conclu entre la Chine et un pays d’Amérique du Sud, tandis qu’un cinquième est en cours de négociation avec l’Uruguay.
Premières discussions entre Israël et le Japon en vue de la signature d’un accord de libre-échange qui devrait faire baisser les droits de douane et les prix des voitures, jouets et autres produits importés fabriqués au Japon.
Le Parlement australien a adopté des accords bilatéraux de libre-échange avec l’Inde et la Grande-Bretagne, laissant ces pays partenaires mettre en vigueur les accords.
Les pourparlers sur la mise à niveau de la zone de libre-échange de l'ASEAN avec la Chine ont été lancés. Pendant ce temps, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont annoncé la conclusion des négociations pour la mise à niveau de l'accord avec l'ASEAN.
Le Premier ministre coréen et le président chilien sont d'accord pour entamer cette année des négociations en vue de mettre à jour l'accord de libre-échange bilatéral qui est entré en vigueur en 2004.
Le congrès chilien a voté pour approuver l'accord commercial de l'Accord global et progressif pour le Partenariat Trans-Pacifique (CPTPP), après quatre ans de débat législatif.